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ESJ - Ecole Supérieure de Journalisme

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Jean-Paul NEY
Jean-Paul Ney, correspondant de guerre, conférence ESJ du 24 novembre 2009.


« Notre métier, votre métier est formidable. Mais il faut pouvoir rester en vie pour le savourer ! »

 

Jean Paul Ney est un journaliste pour le moins atypique. On le sent fébrile, nerveux…passionné. Il passe, et repasse devant cette salle d’une centaine d’élèves, on le voit s’animer alors qu’il évoque ses péripéties à Abidjan. Il confesse sans souci ses erreurs, sa soif du scoop, sa passion du terrain qui, parfois, l’a emmené trop loin. Cet aventurier des temps modernes a pourtant appris beaucoup de cette malheureuse aventure. Un, que la confiance, lorsqu’on est journaliste, s’accorde difficilement, même s’il faut tâcher de se montrer « bon copain » avec certaines personnalités peu recommandables. Deux, que rester en vie passe avant tout désir d’écrire un bon papier ou d’avoir un scoop. Trois, que le métier de journaliste est un métier complexe et …passionnant.

Jean Paul Ney était correspondant de guerre. Au cours de son enquête, il rencontre des personnalités troubles, qui disent projeter une tentative de coup d’état. Décembre 2007, le journaliste est arrêté par la police ivoirienne, emprisonné, et torturé. Un calvaire qui dure seize mois, au cours desquels l’homme ne cesse de garder confiance. « Le mental est la chose la plus importante. Si vous perdez tout espoir, vous perdez déjà de vos capacités psychologiques et physiques ». De retour de son expérience douloureuse, Jean Paul Ney témoignera, et participera à quelques associations humanitaires afin d’améliorer les conditions de détention des prisonniers africains.

Mais l’homme ne manque pas de ressources, et à travers son récit digne d’un film hollywoodien, on pressent que son passé a renforcé son caractère, son envie d’en découdre, son amour du métier. Car entre chaque petite anecdote de souffrance, Jean Paul Ney réussit à placer une petite note d’ironie, un brin de sarcasmes. Preuve que l’homme n’est pas  prêt à mettre un terme à sa carrière de journaliste-reporter d’images…

 

 

Frédérique Josse


 
« Trois mots à retenir absolument : rester en vie »

Etre journaliste est tout sauf un métier facile. Correspondant de guerre, Jean-Paul Ney a fait part de son expérience malheureuse à Abidjan. Après de longs mois d'enquêtes et de nombreuses rencontres, l'opportunité d'un « scoop » s'offre à lui : filmer les coulisses d’une tentative coup d'Etat. Le journaliste-baroudeur part alors en reportage, d’abord au Bénin, puis en Côte d'Ivoire. En décembre 2007, il est arrêté par les autorités du pays, emprisonné et torturé.
Sa détention va durer 16 longs mois durant lesquels il s'accroche, malgré les moments de doute. « Il faut toujours garder confiance, car on ne vous laissera pas tomber » martèle le reporter. Pas facile dans de telles conditions ! Pourtant, même « dans la pire prison d'Afrique », il continuera à faire son métier, pour témoigner des conditions déplorables des geôles africaines. Il participera dans les limites du possible à améliorer les conditions de détention des prisonniers mineurs, par le biais d’actions humanitaires. Son discours, effrayant et sur le fil, a littéralement captivé l'assistance. L'arrivée de Jean-Paul Ney dans l'équipe à l’ESJ permet aux étudiants d’appréhender concrètement certaines difficultés rencontrées par les journalistes. De quoi élargir le champ des enseignements traditionnels et, qui sait, susciter d'éventuelles vocations…

Aude Lasjaunias, Pierre-Antoine Tassel (ESJ M2)


NdlR :
Jean-Paul NEY est également enseignant à l'ESJ pour donner aux étudiants le goût du risque, de l'aventure, de l'enquête et aussi de la photo et du savoir-parler en public !






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